La Chasse au Québec

2 avril 2018 écrit par Charles de Reinach

Au Québec, la chasse fait complètement partie de la culture. Peu de familles ne comptent pas de chasseurs et la période de la chasse est très attendue. C'est un moment presque sacré !! Très souvent, les 2 semaines annuelles de congés sont prises à ce moment, pour aller s'enfoncer "creux dans le bois" et revenir avec une réserve de viande et de très bons souvenirs !!

Ces viandes, que les Québécois appellent "viandes sauvages" ne peuvent pas être vendues, elles sont liées à toute une gastronomie traditionnelle  qui se perpétue dans le cercle intime de la famille et des amis.

La chasse au Québec est régie par une réglementation complexe et peu semblable à celle en vigueur en France. Les chasseurs non-résidents sont les bienvenus mais plusieurs spécificités les concernent.

Quel gibier trouve-t-on ?

Au Québec, on chasse le petit gibier et le gros gibier. Les périodes de chasse sont  principalement de début septembre à fin novembre.

En matière de "petit gibier", il s'agit essentiellement de la gélinotte huppée (appellée "perdrix" au Québec), du tétra, du lagopède, du lièvre,  de la bécasse d'Amérique, des canards, des oies bernaches (appellées "outardes" au Québec) et des oies blanches.

L'orignal, un gros gibier

Le gros gibier que l'on peut chasser comprend l'ours noir, le cerf de Virginie (appellé "chevreuil" au Québec), le caribou, l'orignal et le dindon sauvage (qui n'est pas défini comme un "petit gibier").

À noter que pour le "gros gibier", il faut acheter un "permis de chasse", par espèce que l'on veut chasser et une même espèce peut également être visée par plus d'un permis.

Concernant  le "petit gibier", un seul permis les regroupe tous et la chasse du loup et du coyote sont incluses dans ce permis.

Réglementation

Avant tout, Il faut se référer à la carte des 29 zones de chasse qui composent le Québec afin de localiser l'endroit où l'on veut aller et la réglementation qui s'y applique.

Ensuite, suivant "l'engin" que l'on utilise, arc, arbalète, carabine, arme à chargement par la bouche (poudre noire), les périodes d'ouverture seront différentes. Il est bien important d'assimiler toutes les règles et restrictions qui s'appliquent à l'espèce, la zone et la période de chasse.

Dans certaines zones pour certains gros gibiers, il peut y avoir uniquement des périodes d'ouverture à l'arc, à l'arbalète, ou à la poudre noire.  

À noter que le port du dossard orange est obligatoire en action de chasse

(excepté pour la chasse des oies, des canards et du dindon sauvage) et que l'utilisation de chiens pour la chasse du gros gibier est interdite.

La pratique de battues telles qu'on les fait en France, ne se pratique pas du tout au Québec. Ici, l'ours noir et le cerf de Virginie se chassent à l'affût à des endroits où les animaux ont été nourris avant la période de chasse.

Les caribous se chassent en se postant sur leurs zones de passage, de migration. L'orignal, quant à lui, se chasse à l'affût et à l'approche en imitant le bruit du mâle agressif qui veut chasser les autres mâles de son territoire ou le bruit de la femelle qui veut attirer les mâles.

Au Québec, les limites de prises diffèrent suivant les espèces et les zones.

Par exemple pour le caribou, une personne ne peut chasser que dans la partie de la zone indiquée à son permis.

La limite de prise est de 2 caribous par période de validité des permis (15 août au 31 janvier) pour l'ensemble des zones où la chasse de cette espèce est permise.

L'ours peut se chasser durant 2 périodes dans certaines zones, au printemps (mai-juin) et à l'automne (septembre-octobre).

Cerf de Virginie

Il est permis à un chasseur d'abattre 2 ours noirs par année dont un doit être prélevé dans la zone 10 l'automne.

Concernant l'orignal, Il est permis d’abattre, au cours d’une même année, un orignal pour deux chasseurs dans l’ensemble des zones où la chasse de cette espèce est permise.

Il est permis à une personne de prélever un seul cerf de Virginie par année pour l'ensemble des zones sauf pour la zone 20 (île d'Anticosti, ou il n'y a pas de limite d'achats de permis).

Certaines espèces de petit gibier sont soumises à des limites de prise et de possession. Ainsi, pour l'ensemble des gélinottes et tétras, la limite de prise est de 5 en tout, par jour, et la limite de possession de 15 en tout. Pour l'ensemble des lagopèdes, la limite de prise est de 10 en tout, par jour, et la limite de possession de 30 en tout.

Le petit gibier se chasse essentiellement en automne et en hiver.

Pour chasser les oiseaux migrateurs, une personne doit être titulaire du permis fédéral de chasse aux oiseaux migrateurs et du permis provincial de chasse au petit gibier et porter ces deux permis sur elle lorsqu'elle chasse.

Droit de chasser

Au Québec, toute personne a le droit de chasser conformément à la loi. Ce droit n'a cependant pas pour effet d'accorder à un chasseur la priorité d'utilisation d'un territoire public au détriment des autres amateurs de plein air, pas plus qu'il ne lui accorde l'exclusivité du territoire.

De plus, il est interdit de faire sciemment obstacle à une personne qui chasse légalement et qui a accédé de façon légitime au territoire où elle se trouve. En effet la majorité du territoire québecois étant public, il faut souvent cohabiter avec d'autres chasseurs ou d'autres utilisateurs de ces zones.

Mais le droit de chasser ne peut en aucun cas limiter le droit de propriété. Un propriétaire foncier peut jouir de sa propriété à sa guise et accorder ou non l'accès à celle-ci à un chasseur qui lui en fait la demande.

Le partage du territoire au Québec, par les différents utilisateurs se fait dans un esprit de cohabitation harmonieuse et de comportement éthique.

Non-résident

Un non-résident peut tout à fait chasser au Québec mais il ne peut se procurer un permis de chasse pour résident. Il doit acheter des permis "non-résident", qui sont un peu plus chers que les permis vendus aux résidents.

Il n’est pas tenu de posséder un certificat du chasseur pour obtenir un permis de chasse. Il peut chasser sur les terrains publics, sur son propre terrain ou sur des terrains privés, avec l'accord des propriétaires. Il peut aussi utiliser les services d'une pourvoirie. Il peut chasser indistinctement avec une arme à feu, une arbalète ou un arc les espèces considérées comme du gibier. Il doit toutefois utiliser les engins autorisés pour chacune de ces espèces selon les périodes de chasse en vigueur.

Le non-résident est soumis à certaines restrictions supplémentaires quant à l'achat des permis de chasse et à la fréquentation de certains territoires ou de certaines zones de chasse en fonction du gibier chassé.

À noter notamment pour l'ours noir et la bécasse d'Amérique, que le non-résident doit utiliser au moins deux services d'une pourvoirie, dont l'hébergement, sauf s'il chasse ces espèces dans une réserve faunique ou une zone d'exploitation contrôlée.

De plus, le non-résident qui chasse l'ours noir chez un pourvoyeur sans droits exclusifs des zones 13 et 16 doit, en plus de son permis régulier de chasse à l'ours noir, être titulaire d'un permis spécial délivré par ce pourvoyeur.

Port d'armes

Concernant la détention d'une arme par un non-résident, il faut savoir que depuis le 1er janvier 2001, pour emprunter une arme à feu sans restrictions, un non-résident doit posséder un permis d'arme à feu ou un permis de possession de 60 jours, ou encore une déclaration douanière tenant lieu de permis de possession et de certificat d'enregistrement dans le cas des non-résidents qui entrent au Canada avec leurs propres armes à feu (des coûts s'appliquent). Un non-résident peut se procurer des munitions avec ces documents.

 

En conclusion

Le Québec offre de très grands espaces, et des possibilités infinies en matière de chasse.  On peut y chasser de nombreuses espèces et surtout découvrir des techniques de chasse intéressantes et traditionnelles.

Mais avant tout, pour un propriétaire foncier (résident ou non), ce qui est extraordinaire c'est d'avoir la possibilité d'être chez soi et de gérer soi-même et seul la chasse sur sa propriété. Quelle satisfaction de pouvoir y aménager la forêt et l'environnement pour que le gibier s'y sente bien et prolifère afin d'être en mesure de réaliser des prélèvements d'animaux tous les ans !

Le Québec offre de très grands espaces, et des possibilités infinies en matière de chasse.

Cependant, la réglementation étant changeante et très détaillée, Il est important de se référer au site officiel : https://mffp.gouv.qc.ca/

Quant aux oiseaux migrateurs, pour connaître les limites de prise et de possession selon les espèces, il faut consulter le Règlement de chasse aux oiseaux migrateurs d'Environnement Canada ou téléphoner au 1 800 668-6767.

Chasse Québec Canada Chasse du Grand Gibier Chasse du Petit Gibier Droit de Chasse Réglementation
Votre navigateur n'est pas à jour, votre experience sur le site ne sera pas opimale.