A la rencontre d’un chasseur d’objets

1 juillet 2018 écrit par Stéphanie Bonnet

Voilà maintenant 10 ans que Jean-Luc Valembois consacre sa vie professionnelle à l’art cynégétique. Initié et baigné depuis ses plus tendres années dans l’univers des collectionneurs de part ses attaches maternelles, c’est instinctivement qu’il décide de vivre de sa passion lorsque l’occasion se présente. All Arts consacre ainsi son activité à la recherche d’œuvres d’art cynégétiques, principalement sculptures et tableaux du XIXème et XXème siècle.

C’est un peu à la manière d’un félin que cet antiquaire spécialisé mène ses recherches. Gentleman discret et observateur, à la fois simple et cultivé, il plonge au cœur du sujet pour faire remonter à la surface la fameuse pièce recherchée. Tel un trophée, il présente l’objet de ses investigations au client qui en a fait la demande et qui partage la même ferveur que lui !

Forest Time vous propose d’accompagner Jean-Luc Valembois pour une véritable immersion dans l’univers de ce chercheur d’art qui oscille entre le monde des antiquaires et celui des chasseurs avec pour seul trait d’union : la passion de l’art cynégétique.

All Arts ou l’histoire d’un changement de cap

Jean-Luc Valembois a créé All Arts il y a 10 ans et l’entreprise ne cesse de progresser. Parce que nous sommes dans un marché de niche : l’art cynégétique des XIXème et XXème siècles, parce qu’il existe très peu d’antiquaires spécialistes dans le domaine mais aussi parce que Jean-Luc Valembois a su gagner la confiance de clients exigeants de part son professionnalisme et son enthousiasme dans la recherche de l’œuvre authentique.

Mes clients savent qu'ils peuvent me faire confiance

« Je parcours plus de 200 000 km par an au travers de la France mais aussi de l’Europe pour acquérir des œuvres originales d’artistes tels que Barye ou bien encore Alfred Jacquemart que j’affectionne beaucoup. Mes clients savent qu’ils peuvent me faire confiance et que je ne lâche rien tant que je n’ai pas trouvé ce que je veux. Ils savent que je vais jusqu’au bout de mes investigations, au plus près de la source ».

Cet ancien directeur financier d’un groupe de BTP situé dans le nord de la France a pendant 25 ans consacré tout son temps libre à sa passion. « J’avais besoin de tout connaître. J’ai appris sur le tas en me rendant régulièrement dans les salles de vente, en chinant notamment sur le marché aux puces de Clignancourt ». Et le jour où son groupe décide de réorganiser ses équipes, Jean-Luc Valembois prend le train de l’aventure en se lançant à son compte.

 

« J’avais la connaissance du sujet et de l’argent pour acquérir mes œuvres malheureusement je n’avais pas la clientèle. Aussi surprenant que cela puisse paraître, je me suis lancé sans clients mais dans les Ardennes Belges, ma spécialité a fait mouche et j’ai pu rencontrer et vendre à de grandes familles qui m’ont par la suite recommandé. j’ai démarré grâce aux conseils de vieux marchands de la place parisienne qui m’ont beaucoup aidé à l’époque ».

Pendant 2 ans, il passera par les salles de vente dont Drouot qui est spécialisée dans l’art cynégétique. Et puis c’est en prenant la décision de participer à un salon d’Antiquaires : Antica à Namur en Belgique que les affaires vont prendre un tout autre tournant. « Etant un des seuls exposants à ne présenter que le thème de la chasse, j’ai touché  des amateurs. 

 

Dans les Ardennes Belges, ma spécialité a fait mouche et j’ai pu rencontrer et vendre à de grandes familles qui m’ont par la suite recommandé. 

 

Chercheur d’art cynégétique : une activité rare

J’ai placé, j’ai investi, je me suis cultivé 

« Ma passion de l’art cynégétique a grandi avec le temps y compris lorsque j’exerçais un tout autre métier. Au fil des années, j’ai placé, j’ai investi et je me suis cultivé avec la soif de tout connaitre dans le détail. »

Il faut dire que le sujet est cadré  dans la forme et le temps. En effet, Jean-Luc Valembois se consacre essentiellement aux sculptures et peinture relatives aux animaux et à la chasse des XIXème et  XXème siècles. L’essor des bronzes animaliers est en effet spécifique aux années 1850. Il en existe avant, mais la création des œuvres augmente considérablement à cette période. Essentiellement françaises, ces pièces ont été vendues dans toute l’Europe. C’est pourquoi notre collectionneur parcourt chaque année 200 000 km pour les retrouver !

 

Jean-Luc Valembois a développé une expertise reconnue dans le milieu. Ses clients savent également qu’il déjoue comme personne les copies des faussaires. « Il est important de trouver des œuvres créées par l’artiste, d’époque. J’ai appris à connaître chaque artiste et sa façon de ciseler, de patiner son œuvre. »

Quasiment seul dans sa spécialité, il sait que sa tâche est immense. Mais doté d’un réseau qui ne cesse de s’étoffer, il arrive à trouver la pièce tant recherchée qu’il admire également. « Il m’arrive de garder plusieurs mois un objet que j’aime particulièrement. Puis je le vends à la personne chez qui je sais qu’elle sera mise en valeur. Et comme j’ai de belles relations avec mes clients, je me plais à retrouver ces chefs d’œuvre en situation lors de mes visites. C’est un véritable bonheur pour moi. »

 

Une clientèle d’amateurs exigeants

Il s’avère que l’art cynégétique est reconnu par des amateurs qui sont dans une grande proportion des chasseurs. « Mes clients sont 7 fois sur 10 des chasseurs qui recherchent des pièces pour leur collection personnelle. Il faut avant tout les surprendre, créer l’étonnement ».

Les objets que déniche Jean-Luc Valembois sont des pièces en série limitée bien souvent uniques. Il a développé une véritable expertise afin de déjouer les pièges de faussaires. « Chaque œuvre est reconnaissable avec un regard aiguisé. J’ai appris à éviter les pièges ».

En 10 ans, de travail acharné à parcourir l’Europe, ce chercheur d’art a créé des liens de confiance indéfectibles qui sont lié à une passion commune qui le lie à ses clients au-delà de la transaction.

80% de son travail s’effectue en présentation privée auprès de grandes familles de collectionneurs. « Le téléphone de mes clients est toujours accessible pour moi. Ils savent que je n’appelle pas pour rien. Les pièces que j’arrive à retrouver sont parfois recherchées pendant des années. ». Sa devise n’est-elle pas de gagner sa vie tout en permettant à son client de réaliser une belle opération ? Aussi, on le rappelle régulièrement afin de racheter une œuvre vendue deux ans plus tôt, histoire de faire de la place. Et il n’est pas rare que le client revende bien au dessus de son prix d’achat : l’art prend toujours de la valeur dans le temps !

 

L’art cynégétique : entre placement sûr et opération plaisir

L’art cynégétique prend toujours de la valeur avec le temps. Le cours des œuvres ne s’est jamais effondré, à condition bien évidemment que les pièces soient authentiques et pour cela, Jean-Luc Valembois connait parfaitement son sujet.

« Les pièces que je recherche doivent correspondre à tous les critères dont notamment la période et le choix des œuvres créées du vivant de l’artiste ». Une telle authenticité, seul un expert peut la garantir. Mais une fois la pièce certifiée, le placement devient sûr et rentable dans le temps.

Le placement en forêt relève du même constat : si la forêt accueille des essences de grandes qualités et qu’elle relève d’un certain nombre de critères attestés par des spécialistes, alors le placement sera assurément avantageux.

Plaisir des yeux pour les uns, plaisir bucoliques, pour les autres, l’art et la forêt font appel à des valeurs communes que sont la transmission, la tradition et la préservation d’un patrimoine le tout dans une optique d’avenir. L’art et la forêt sont au final des investissements plus que jamais inscrits dans la modernité.

 

L’art cynégétique, la chasse et la forêt : un triptyque cohérent

Les collectionneurs d’art cynégétique sont pour la plupart des amateurs de chasse possédant eux-mêmes une forêt. Ces 3 domaines sont intrinsèquement liés. L’art sublime des pratiques et des traditions ancestrales de chasse. Quant à la forêt, elle est le décor idéal à toute peinture ou sculpture. Le XIXème siècle a été la période de prédilection pour les sculpteurs et peintres amoureux de la nature qui ont été très productifs dans leurs domaines.

Le XXIème siècle ne suffira peut être pas à retrouver toutes les pièces produites dispersées dans toute l’Europe. Mais Jean-Luc Valembois s’y emploie !

Que représente la forêt pour un amateur d’art cynégétique comme vous ?

« Je possède une forêt d’une quinzaine d’ha, remplie de gibier. Je ne chasse pas mais j’aime m’y ressourcer". Cet amateur d’Harry Elliott (peintre de scènes de chasse humoristiques du début XXème), se plait à prendre une pause régulièrement au cœur de son bois, tout simplement ! 

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